Acteurs jeunesse et d’éducation populaire au Burundi, si loin si proches

Si loin, si proches…c’est sur ce sentiment que j’ai quitté les 25 participants d’organisations alliées du CCFD-Terre solidaire au terme d’une semaine de formation dédiée au renouvellement et au renforcement des capacités d’animation à la Maison de la Presse de Bujumbura, capitale du Burundi.

Une expérience inédite de co-formation dont je partagerai les ressources utilisées, les témoignages et récits de pratiques à travers différents articles.

CCFD-Burundi-Formation

Le CCFD-Terre solidaire affiche une volonté d’accompagner les sociétés civiles locales à devenir force citoyenne de proposition et d’implication sur les enjeux politiques de développement.

Au Burundi, la poursuite de ces objectifs passe notamment par des partenariats avec des organisations de jeunesses impliquées sur les questions de citoyenneté, de vivre-ensemble et de non-violence comme l’Association des Scouts du Burundi ou le Réseau des organisations de jeunes en action pour la paix la réconciliation et le développement.

“Passer d’une sensibilisation classique à la construction d’une intelligence politique collective”

C’est-à-dire comment favoriser le renouvellement des stratégies et des activités au carrefour de la jeunesse et de la citoyenneté proposées par ces deux organisations mais également celles d’autres associations invitées, notamment le collectif de blogueurs Yaga.

Pascal Jeanne, ‎chargé de mission EAD public jeune du CCFD-Terre solidaire et Dacia du collectif Yaga ont été invités par un média Burundais à présenter les contenus de la formation et ses intentions.

Les choix de l’équipe de facilitateurs

Ce temps d’appui s’est construit sur la découverte de méthodes participatives destinées à animer, organiser, favoriser le débat, créer collectivement des analyses et consensus.

L’équipe de facilitateurs se composait de Hafizou (partenaire malien du CCFD Terre-solidaire), Pascal et Samuel (permanents du CCFD-TS) et moi même.

formation-ccfd-education-populaire

Le programme du début de formation avec ses espaces vides qui seront co-inventés au fil du processus et avec les participants.

Une de nos intentions était de partir des « réalités », attentes et capacités d’analyse des participants. La formation a ainsi laissé une large place à l’expérimentation d’outils entre participants organisée en trois temps:

  1. Expérimenter/c’est-à-dire être mis en situation et vivre l’animation
  2. Un temps dit “Méta” dédié à l’analyse critique de l’outil. D’abord entre participants et en petits groupes (intérêt et limites de l’outil) puis avec le formateur-animateur de la mise en situation (hypothèses et questionnement des participants envers les choix d’animation du formateur)
  3. Quelles opportunités de ré-investissement dans les contextes respectifs des participants? C’est-à-dire comment “tordre” l’outil pour qu’il s’inscrive de manière pertinente dans le contexte d’intervention et auprès des publics des associations participantes?
Quelques problématiques désignées comme importantes à aborder durant la formation pour les participants

Quelques problématiques désignées comme importantes à aborder durant la formation pour les participants

Différentes approches méthodologiques on été expérimentées entre participants à partir de leur propres thématiques: groupes d’interview mutuelle, analyse des domaines inspirée de la RAP (Recherche-Action-Participative), mise en situation, jeux cadres comme “Cherchons ensemble” et “De 5 en 5”, Cercle Samoan, débat mouvant etc. Vous pouvez retrouver les récits de pratiques au fil des liens de cet article.

Et depuis?

Les témoignages de Richard et Dacia quelques semaines après.

Je m’appelle Richard SINZINKAYO. Je travaille chez REJA comme Responsable d’un projet et souvent comme Formateur National en matière d’éducation Citoyenne des jeunes et j’ai été parmi les bénéficiaires de la dernière formation à Bujumbura organisée par le CCFD-TS. Les méthodes apprises lors de cette formation sur les nouvelles méthodes d’animation populaire et participative m’ont permis de revoir mes manières de faire quant à l’animation. Qu’est-ce que je vais changer malgré que l’occasion de mettre en pratiques les méthodes apprises ne se soit pas encore présentée?

Richard restitue l'atelier d'analyse des domaines sur les convergences et spécificités stratégies jeunesse des organisations participantes

Richard restitue l’atelier d’analyse des domaines sur les convergences et spécificités des stratégies jeunesse des organisations participantes

Avant, on animait des thématiques toutes faites sans pour autant prévoir ce qui viendra des groupes cibles. Pour cela, il a toujours été difficile pour moi de rapporter facilement ce qui vient des bénéficiaires et surtout concernant leur manières de voir les choses qui est souvent différentes de la mienne en tant que formateur qui souvent ne vit pas dans le milieu des bénéficiaires. Désormais […] ce qu’on attend de la mise en pratique de ces méthodes dans toute séance de rencontre, c’est de voir la participation des bénéficiaires dans les séances de formation devenir une réalité au lieu de l’animation à sens unique souvent constatée ; comme le maître s’adresse aux élèves. […]

Ci après, Dacia du Collectif de blogueur Yaga.

La formation était très intéressantes et instructive. En effet dans notre collectif de Blogueurs Yaga, nous utilisons souvent  le débat comme outil d’expression pour extérioriser nos points de vue. Et pour moi, la méthode que j’ai plus aimé et retenu et celui de “D’accord et pas d’accord.” Nous l’avons déjà partagé et utilisé avec d’autres blogueurs qui n’étaient pas dans la formation.

Les items créés par les participants lors de l'atelier débat mouvant

Les items (affirmations) créés par les participants lors de l’atelier débat mouvant (ou d’accord/pas d’accord)

En outre, Yaga est dans une phase de rencontre physique avec d’autres jeunes pour discuter autour des sujets socio-politiques qui touchent plus la jeunesse burundaise . Et les méthodes apprises pendant la formation sont celles qui sont et qui vont être utilisés pendant toute ces rencontres jusqu’à la fin de l’année.En bref, cette formation nous a été réellement bénéfique surtout parce qu’ elle nous appris comment amener les participants à trouver eux mêmes les causes et les solutions à leurs problèmes et d’une manière originale, détendue et intelligente.

Plus d’articles sur la formation du CCFD-Terre solidaire (Bujumbura-mai 2016) et notre mission de facilitation:

Citoyenneté: construire du commun autour des récits de nos premières fois…

On a testé pour vous, décider au “consensus forcé”

Comment favoriser les synergies entre associations de jeunesse au Burundi?

Comprendre la situation au Burundi depuis le 25 avril 2015 entre discorde et déflagration

Iteco, Centre de formation pour le développement et sur la solidarité internationale (Bruxelles) propose une revue d’articles sur la situation au Burundi publiée dans Antipodes (N°210)

 Jérôme Martin

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *