Citoyenneté: construire du commun autour des récits de nos premières fois…

Pour débuter la formation, Pascal (facilitateur de la formation) a animé un atelier à partir de la méthodologie des groupes d’interview mutuelle. Adaptée au contexte de la formation et aux objectifs de l’équipe de facilitateurs, cette méthode est très adaptable en fonction des finalités recherchées. Voir, par exemple, l’utilisation et choix méthodologiques de la SCOP d’éducation populaire le Pavé par ici.

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Les objectifs qui ont conduit au choix de cette méthodologie en début de formation étaient de libérer la parole et de créer de la confiance au sein du groupe pour favoriser les échanges et valoriser l’expertise de chacun. L’exercice permet également de réussir à prendre la température sur l’expérience collective mais également « de révéler » les compétences et expériences en présence au sein du groupe.

Principe du groupe d’interview mutuelle

En groupe de 2 ou 3, les participants se posent des questions pour recueillir l’expérience des uns et des autres à partir d’un témoignage à l’oral.

L’interview se passe toujours en deux temps :

  • un première partie de 5 min où l’interviewé répond à une question et où l’intervieweur prend des notes sans l’interrompre

  • une seconde partie de 10 min où l’intervieweur revient sur ses notes et posent cette fois des questions.

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Pistes d’animation:

L’animateur, en fonction de l’objectif de son atelier fixe le ou les questions qui permettront de construire la suite de son processus pédagogique. L’important est d’avoir une question qui permet un témoignage, il faut donc prendre le temps de trouver les bonnes formulations.

La question adressée aux participants était dans notre cas, la suivante:

 Quelle est la première expérience qui t’a permis de comprendre ce que signifie “citoyenneté”?

Une fois l’interview achevée, chaque intervieweur sélectionne une ou plusieurs phrases (dit pépites) issues du témoignage qu’il vient d’écouter et, en accord avec l’interviewé, l’écrit sur une feuille qu’il viendra coller sur le mur de la salle.

Voici une sélection de pépites issues de l’atelier des participants

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Chaque personne peut ensuite lire les témoignages de l’ensemble du groupe et demander des précisions. Cela permet de faire des présentations sous un format différent. Pascal s’est aussi inspiré d’une autre méthodologie intitulée Petite histoire-Grande histoire en invitant les participants à dater leur témoignage afin d’organiser chronologiquement “les pépites” de chacun.

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Après observation attentive de l’ensemble de la “récolte” offerte par les participants, On reformule l’ensemble des contributions en 4 ensembles d’expérimentation concrète de la “Citoyenneté”:

  • Des espaces d’accélération de citoyenneté comme les associations de jeunesse, les clubs sportif ou des club étudiants
  • Une personne au comportement positif et inspirant qui donne envie de de faire de même
  • Une situation d’injustice qui donne envie d’agir
  • La participation à une étape d’un processus démocratique, par exemple aller voter

Analyse méta de la séquence par les participants

Les participants se sont exprimés sur l’intérêt et les limites de cette méthodologie:

Pour Eric, cette activité permet de ré-interroger et renouveler nos postures trop souvent réduites à l’expert, le connaisseur qui transmet de l’information. Mettre en pratique l’idée que chacun à une expertise à son niveau. Elle illustre aussi l’idée que sensibiliser ne se réduit pas à délivrer un message mais à organiser sa réception avec un espace où chaque personne est contributrice et où la parole de chacun est libérée, prise en compte.

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Pour Hafizou, partenaire malien du CCFD Tere-solidaire, elle permet d’explorer des espaces complémentaires à côté du système classique. Souvent les jeunes sont peu captivés par un propos. Ici on est dans la manière du facilitateur, une juste désignation d’une posture “autre” .

Une participante interroge les conditions de confiance préalables entre participants pour réaliser l’activité? Quelle conditions d’égalité entre participants réunir? Par exemple si un élu participe dans le groupe?

Pour un autre, l’activité est pertinente mais très nécessiteuse de temps. Et après qu’est-ce que l’on en fait? Et si les participants ne savent pas écrire…

Au terme de cette première matinée, une seule certitude…la formation a bel et bien débuté et les participants comptent bien s’emparer des espaces de participation et d’analyse critique proposés!

Jérôme Martin

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