Comment faire de l’éducation au développement dans la rue?

Comment aller à la rencontre de nouveaux publics et dépasser l’entre-nous?  Comment sensibiliser un public non captif, non militants, ces non convaincus que nous cherchons à concerner… Voici le compte rendu des échanges et réflexions des participants du colloque HEMISPHERES du 14 avril 2012.

Compte Rendu Colloque de Capital is at Ion

Développer des pratiques de sensibilisation originales dans l’espace public passe-t-elle par la création de nouveaux outils?

Lors de ce colloque, le mot “outil” a été prononcé 476 fois…si, si, si je vous jure, je les ai comptés!!!Une obsession d’animateur?

“L’outil qui marche toujours”, “l’outil sur mesure”, “l’outil séduction” : pièges ou chimère de l’animateur en éducation au développement et à la solidarité internationale? “L’outil ne fait pas le formateur!” un article d’Annick Honorez, nous donne quelques clefs de réflexion. L’outil reste un objet, une chose inanimée…qui ne prendra sens que dans la rencontre entre les intentions d’un animateur et  d’un public, de gens.

Nous avons, Mathilde et moi, recueilli, à notre tour les paroles de ces “artisans”, ces animateurs qui cheminent, impliqués dans le programme européen HEMISPHERE,…vers une citoyenneté mondiale et active!

“J’ai été très touchée par les réactions des jeunes des quartiers défavorisés de Dublin à ces questions mondiales… Moi même en tant qu’interprète du programme HEMISPHERE, je cherche depuis à me renseigner d’avantage…” Suzie (Prise de son Mathilde Icard et Jérôme Martin)

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N’avons nous pas déjà suffisamment d’outils pour réaliser nos intentions c’est à dire concerner nos concitoyens pour engager des actions collectives de changements, pour comprendre nos interdépendances avec le monde, pour chasser nos idées courtes….Tant d’énergie pour créer de nouveaux outils? la question n’est peut être pas là.

Les créations originales du programme HEMISPHERE: Le porteur de parole, le jeu Pommique et ELEMENTTERRE sont des outils utiles qui complètent notre panoplie d’animateur.

Pour moi, créer un outil reste le meilleur processus de formation pour les animateurs en éducation au développement et à la solidarité internationale. Il est donc un exercice nécessaire mais pas suffisant.

Il s’agit aussi de changer de regard, créer d’autres relations avec les gens, mieux connaître ces autres…et peut être même chercher à répondre à des besoins de nos concitoyens…L’éducation au développement répond telle à des besoins?

Dans le cadre d’HEMISPEHERE, j’ai rencontré plusieurs animateurs. Toutes et tous ont cheminé en se confrontant à la création d’outils originaux mais surtout en se rapprochant de ces non-convaincus, de ces non-militants…Ils les ont rencontrés en se jetant dans l’espace public! Courageux et formateur! Je vous laisse en leur compagnie.

“Lorsque j’anime, mon objectif c’est de m’effacer pour laisser les gens parler de leur vécu..que ce soient la ménagère, le gamin de 5 ans, le lycéen ils ont tous quelque chose à dire mais pas forcément la place et le lieu pour l’exprimer…” Sarah (Prise de son Mathilde Icard et Jérôme Martin)
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“Dans cette période de crise les gens se sentent peut être éloigner des grandes questions de solidarité, ils se préoccupent avant tout de leurs proches…c’est pourquoi je pense que c’est plus important que jamais de parler de ces questions là…” Suzie (Prise de son Mathilde Icard et Jérôme Martin)
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Mon objectif c’est permettre à des gens qui souhaitent faire changer les choses d’avoir des espaces d’échanges, des outils, des techniques pour les aider à structurer leur envie d’agir…” Claire (Prise de son Mathilde Icard et Jérôme Martin)
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“Pour moi l’éducation au développement et à la solidarité internationale c’est avant tout de l’éducation…faire connaitre aux gens le monde dans lequel on vit…cela m’a créé un besoin de militantisme, l’envie d’agir concrètement..” Thomas (Prise de son Mathilde Icard et Jérôme Martin)
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Les dispositifs de sensibilisation du programme européen HEMISPHERE:

2 Comments

  1. Bonjour Jérôme,
    Un petit commentaire sur ton analyse de l’outil comme base de l’animation…Plus que la production d’outils au sens large du terme, le programme Hemispheres a permis la création puis l’expérimentation d’espaces de rencontre et d’échange dans l’espace public.

    Entrer en relation avec les gens et aborder des problématiques au premier abord éloignées de leurs préoccupations quotidiennes n’est pas à la portée de tout le monde. Les dispositifs crées ne sont qu’un « prétexte » pour entrer en relation avec les passants dans la rue.

    Et surtout, ce qui a été présenté pendant la journée du 14 avril 2012, en tant que support de sensibilisation, ne se présente pas du tout comme « le bon outil à utiliser », mais plutôt comme une possibilité –parmi d’autres- de créer du lien avec des personnes inconnues dans l’espace public. L’intérêt de la journée étant d’interroger la pertinence ou non de combiner plusieurs entrées possibles dans un lieu.

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