Vers de nouvelles pratiques de financement de projets … de solidarité internationale?

Le crowdfunding ou littéralement “financement par la foule”…des nouvelles plate-formes de collecte d’argent, leurs slogans et de nouvelles promesses?…Ulule et “donnez vie aux bonnes idées”, Babeldoor ou “Financement communautaire et solidaire de projets”, KissKissBankBank: “Maison de créativité”Tribu Solidaire: “le réseau de celles et ceux qui s’engagent auprès des associations”.

De nouvelles plate-formes pour vous aider à financer vos projets via les réseaux sociaux, vers un “financement participatif”…un nouveau pléonasme? Disons que “tri sélectif” et “démocratie participative” restent en tête du podium… Disons plutôt une réelle opportunité, puisque le WEB 2.0 nous permet d’être tous éditeurs de contenus, si on s’en saisit.

Par définition faire appel à la générosité publique c’est susciter une participation…certes, une générosité qui conduit la main vers le porte monnaie, une générosité qui réduit la main de celui qui donne au dessus de celle qui reçoit…Le refus de la générosité c’est la reconnaissance de la solidarité comme outil de transformation sociale, créer des liens dans un monde interdépendant, c’est tenter de transformer des histoires personnelles en forces collectives de changements. Ces nouveaux outils ont-ils la capacité de se mettre au service de cette ambition?

Une nouvelle opportunité pour financer les projets de solidarité internationale? Une opportunité de revisiter les relations entre donateurs et porteurs de projets? Je décide de m’y intéresser et puisque ça a marché pour la réalisation d’une initiative artistique des plus…originale: HAG!!! Pourquoi, pas!

Le résumé ,ci-dessous, d’une soirée organisée par la coopérative Illussion et Macadam de Montpellier, qui a fait tomber bon nombre des idées courtes que je pouvais avoir sur ces nouveaux outils de “financement participatif” et sur les intentions de ses entrepreneurs de la collecte.

SP98#3 Crowdfunding from illusion & macadam on Vimeo.

Suite à ce rdv, je fais connaissance avec Céline, Sébastian, bientôt Sara et la Tribu Solidaire! On dialogue. La spécificité de la Tribu Solidaire c’est de s’adresser aux associations là où les autres plate-formes promeuvent en majorité des projets individuels souvent artistiques, solidaires, journalistiques ou éducatifs… comme  “Les petites oreilles du monde” financé en partie via Ulule.

Le défi? Financer de façon participative l’action collective: la vie asociative? ou des actions asociatives? Mais aussi, et peut-être amener les associations à structurer des intentions, un message et apprendre à le diffuser sur internet. Je décide de faire partie, à la mesure de mes disponibilités, de cette Tribu Solidaire porteuse d’une aventure…collective! Une interview s’organise, je participe aux tests pour développer l’ergonomie du site…nous cheminons!

tribu solidaire

La même semaine c’est Rémi, le “Community manager” de l’application “Solidaire Ville” sur Face Book qui me contacte! Une initiative originale de micro-dons du CCFD-TERRE SOLIDAIRE sous forme de serious game… On innove sur le front de la collecte de fonds! Et ailleurs?

Que pensez vous de ses initiatives? J’aimerai recueillir vos questions ou commentaires? Peut être que certains d’entre vous on déjà expérimenter le financement de leur projet en tout ou en partie sur ces outils? Merci par avance de vos témoignages!

Jérôme Martin

3 Comments

  1. Bonjour Jérôme.
    Pas aussi avancé que toi mais aussi intéressé. A double titre.

    en effet, on a fait le calcul à ACDC :
    – les fondations ont donné à la solidarité internationale, quelques 40 à 50 M€ l’an passé
    – les collectivités : 15 M€ (+ 10 à 12 des agence de l’Eau)
    on essaye de distinguer les subv au cac 40 des ONG des subv aux ASI locales.

    Mais de toute façon, on est loin de notre estimation des 500 M€ de budget des 50 000 ASI de France (cf nos précédentes discussions et doc sur notre site). Donc elles arrivent bien à collecter quelque part… J’avais fait une rapide étude (il y a quelques années) en deux sévres pour démontrer que les ASI étaient un outil d’animation rural (on recensait plus de 200 animations – lotos/confs/expos/Brocantes, …) Mais j’étais passé à côté du volume financier.
    J’essaye de faire un recensement de ces outils de collecte WEB pour pouvoir en faire la pub auprès des nombreuses ASi qui sont assez éloignées de cet univers. Donc on aura l’occasion de rediscuter de cela.
    A bientôt

  2. Bonjour Jérôme, c’est un bilan très positif pour SolidaireVille après seulement 2 mois de lancement. Comme vous avez pu le constater sur les différents plateaux des projets, les dons commencent à affluer pour le plus grand bonheur de nos partenaires dans les pays du Sud. Sur notre page fan, c’est également plus de 5000 personnes qui ont déjà rejoint SolidaireVille, un véritable succès !
    Nous espérons continuer sur ce rythme et montrer que la collecte de fonds à travers le micro-don a de l’avenir.

    Par ailleurs, les initiatives que vous présentez dans ce billet sont très inspirantes. Le Web 2.0 est effectivement un outil extraordinaire pour toucher le public et le sensibiliser à la collecte de fonds. Mais encore, il permet de regrouper les gens autour de communauté d’intérêt, créant ainsi une émulation qui booste littéralement l’engouement autour des projets. A mon humble avis, la solidarité a encore de belle histoires à vivre sur le Web, il est formidable de voir que les barrières sautent entre les catégories socio-professionnelles, l’âge, ou même les nationalités.

    Un grand merci en tout cas Jérôme, comptez sur moi pour vous tenir régulièrement informé de l’évolution du projet SolidaireVille.

    A très bientôt !

  3. Bilan or not bilan???

    A la demande expresse de Monsieur Martin, joyeux auteur de l’article ci-dessus, je me lance à la hâte dans un bilan de mon projet “Les p’tites oreilles du monde”. Un bilan ça ne fait pas de mal pour avancer vers d’autres perspectives encore plus réjouissantes.

    Je m’appelle Floriane et je suis l’heureuse créatrice du projet “les p’tites oreilles du monde” soutenue avidement par l’association sakazik (www.sakazik.com). Pour rappel bref, il consiste à enregistrer des chants traditionnels chantés par les enfants à travers l’Asie et l’Afrique pour créer en France une exposition sensorielle à destination des enfants (je ne peux que vous inviter à aller jeter un oeil sur sakazik.com pour plus d’infos). J’ai été financée d’une infime partie par un site de crowfunding (1200 € tout de même) appelé Ulule. Une nouvelle pratique de financements qui consiste à donner en pâture son projet aux internautes avides de bonnes actions et pouvant ainsi participer financièrement à tous types de projets. ça marche et c’est chouette ;)!

    Déjà 4 mois que je suis en Asie, et mon sac est déjà remplit d’au moins une cinquantaine de chants, parfois à cappella, avec instruments, des enfants seuls ou en groupe!!! Aux Philippines, j’ai travaillé avec l’association Caméléon, cours de chants, de danse et bonheur au quotidien, résultat: une vingtaine de chants enregistrés, des sentiments d’une rare force crées en l’espace d’un mois avec les gamines de l’asso. Au Vietnam, j’ai visité des orphelinats avec traducteur afin de pouvoir discuter et mieux connaitre les situations de ces structures, résultat: une dizaine de chants enregistrés avec d’adorables petites filles joueuses et rieuses. Au Cambodge: cours d’anglais et accompagnement des enfants de l’école FKC et tournée de distribution d’argent des familles pauvres de Sihanoukville avec l’association Sorya et divers rencontres “à la sauvette”. Résultats: une vingtaine de chants enregistrés et des émotions inégalables partagées avec toute la gentillesse du monde…Incroyable Cambodge. Le Laos, seulement 10 jours que je suis ici et déjà 4 enregistrements effectués lors de cours d’anglais donnés aux élève de Khu à Lak Ha Sip Song. Le reste va venir. Au Laos…c’est des timides!

    Pour la partie Asie me reste maintenant à travailler en Thaïlande et en Birmanie où les projets sont ficelés. Puis arrivée en Afrique en septembre où je suis sûre que les tambours vont résonner et les chants s’élever au fond de mes tripes.

    C’est un bilan ultra positif, et au fil des lignes je ne peux que me satisfaire d’avoir parcouru tant de kilomètres pour faire toutes ses rencontres épanouissantes. Je ne peux que conseiller à tout le monde dont c’est une envie inhérente de partir à l’aventure pour effectuer un projet. Les financements se trouvent si l’ambition est au rendez-vous. Nouvelles pratiques ou à l’ancienne en frappant aux portes d’entreprises, de mairies ou d’institutions publiques plus importantes si vous y croyez ils y croiront!

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